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Diffusion au grand public des résultats de la recherche archéologique, projections de documentaires, conférences, visites de sites et d'expositions, festival du film d'archéologie d'Amiens.

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Conférence : les pratiques funéraires de la Grande Guerre - 20 janvier 2012

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Du champ d’honneur au champ des morts…

Les pratiques funéraires de la Grande Guerre

Guy Flucher


Le CIRAS et l’Historial de Péronne vous convient le vendredi 20 janvier (20 h 30) à la troisième conférence proposée
dans le cycle “Archéologie de la Grande Guerre” (DRAC - Salle Robida, 61 rue Saint-Fuscien). Elle sera
animée par Guy Flucher, ingénieur de recherches à l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives.

 

Amiens-fig-1.JPGLe 2 août 1914, le caporal Peugeot tombe lors d’une embuscade près de Belfort. Il est déclaré premier mort français de cette première guerre mondiale du xxe siècle. Un premier tombé, une première tombe. Bien d’autres suivront.

 

Le 28 janvier 1921, la République fait inhumer sous les voûtes de l’arc de triomphe un soldat inconnu, comme un écho de tous les morts de la guerre et surtout de tous ceux qu’on n’a pu identifier ni retrouver. L’histoire des morts de la Grande Guerre ne s’est pas arrêtée en ce mois de janvier 1921. Des morts, il y en avait encore beaucoup à exhumer, à rendre aux familles ou à réinhumer dans de vastes nécropoles. Il y en a toujours. Chaque année, des travaux d’aménagement retournent et malaxent les anciennes terres du front et les morts ressurgissent. Il arrive que ces travaux soient surveillés par des archéologues. Il y a là, alors, une rencontre entre l’habitué des vestiges funéraires des temps anciens et le corps d’un soldat mort il y a quelques décennies.

 

De même que l’on n’est plus en 1914 au temps des charges de cavalerie du Premier Empire, les morts au combat ne peuvent plus terminer exclusivement dans de grands charniers anonymes comme lors de la retraite de Russie. Les mœurs ont changé, les hommes aussi. Au cours du xixe siècle, le culte et la gestion des morts ont pris un nouveau visage. Le soldat de 1914-1918 est un citoyen qui connaît ses devoirs – en l’occurrence donner sa vie pour la patrie – mais aussi ses droits, notamment celui de bénéficier d’une sépulture « digne », conforme aux usages de l’époque dans la vie civile. La gestion de la mort de masse au cours de la Grande Guerre évolue donc autour d’une inévitable confrontation entre les pratiques gestionnaires de l’Armée, la reconnaissance du citoyen-soldat par l’Etat et les relations que veulent entretenir les vivants et les survivants avec les et leurs morts.

 

Durant la Grande Guerre, plus qu’au cours des conflits précédents, se sont développés des espaces funéraires dédiés aux soldats, communément appelés cimetières militaires.Amiens-fig-2.JPG Ceux-ci constituent un champ d’étude particulièrement intéressant. Sont-ils à l’image de ceux de la société civile ? Y perçoit-on une organisation réfléchie, un reflet de la diversité sociale, ethnique, religieuse de la communauté combattante ?

Au-delà des comportements propres à chaque nation belligérante envers ses morts, on peut s’interroger sur l’attitude de chacun face au corps de l’ennemi. Comment, sur le terrain, va-t-on enterrer le « Boche », le « Franzouse » ? Il semble, au regard des documents analysés, qu’il y ait des différences de pratiques entre les Allemands et les Français quant au traitement du corps de l’ennemi. Mais une fois les pratiques mises en évidence, qu’en déduire sur les mentalités, quel sens leur donner ?

 

 

 

logo CIRAS-copie-1Prochaine conférence :

17 février : archéologie subaquatique : l'épave de la première moitié du XVe s. de la Canche (Beutin, Pas-de-Calais) et l'épave moderne (fin XVIIe-début XVIIIe s.) d'Epagnette par Eric Rieth, directeur de recherche au CNRS

 

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