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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 15:49

Samedi 17 septembre 2011

 

Conférence au musée boucher de Perthes à Abbeville

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Présentation de la campagne de fouilles archéologiques aux abords du muséé Boucher de Perthes par Tahar Ben Redjeb et Vincent Lascour.

 

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Tahar Ben Redjeb                                                                                         Vincent Lascour

 

Article du Courrier picard du 19 septembre 2011

 

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Des semelles et des chaussures de cuir ont été bien conservées dans les niveaux tourbeux. (atelier de cordonnier)

 

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Beaucoup de céramique, provenant de Normandie

 

 

 

Banquet gaulois des Ambiani à Pont Rémy

 

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Au menu :

Cochon au miel et au cuminDSC06057

Fèves gauloises

Faisselle au miel et pignons

 

Boissons

Mulsum (vin miellé et épicé)

Medu (hydromel)

Vin de Lugdunum

Aqua simplex

Cervoise

 

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Pour des recettes gauloises et gallo-romaines, voir le site des Ambiani

Dimanche 18 septembre 2011

 

Visite des fouilles de la motte féodale de Toutencourt

 

Quelques images...

 

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Voir l'article du blog sur Toutencourt

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 23:21

Captureagache.JPG

 

Le CIRAS vous fait part du décès de Roger Agache samedi 17 septembre. Il avait 86 ans.

 

Article du Courrier Picard mardi 20 septembre 2011

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 20:05

 

 

 

JOURNEES DU PATRIMOINE 2011
17-18 septembre 2011

 

Les traditionnelles Journées du Patrimoine, organisées par le Ministère de la Culture et de la Communication, se dérouleront les 17 et 18 septembre. Dans la Somme, visites libres ou guidées, animations, ateliers, expositions, concerts, spectacles et circuits sont au programme (programme accessible ici : http://www.culture.gouv.fr/picardie/actualite_culturelle/manifestations_nationales.html#jep2011).

 

logo CIRASLe CIRAS vous conseille :


*17 septembre à 18 h (Conférence au Musée boucher de Perthes à Abbeville).

Le diagnostic archéologique du musée Boucher de Perthes.

Capturepp.JPGRéalisé préalablement au projet d’extension du musée Boucher de Perthes par V. Lascour (Inrap) ce diagnostic a porté sur une parcelle de 1495 m² située dans l'environnement immédiat du beffroi du XIVe siècle. Les témoignages les plus anciens (trous de poteaux, grand puits ou citerne, fosses et fossés) sont datés de la période carolingienne. Une occupation des XVe-XVIe siècles, bien conservée, est matérialisée par des murs, des sablières et des niveaux d'occupation. L'emprise du diagnostic est traversée par une rivière canalisée, le Taillessac (ou Rabette). Son comblement a livré du mobilier attestant un artisanat varié : cordonnerie avec de nombreuses semelles de chaussures, des lacets, des fragments de sacs, chutes de cuir divers ; boucherie avec des demi-crânes de mouton et autres éléments ovins dont plusieurs portant des traces de découpe. Dans la partie nord de l'emprise, deux fours de bronzier ont été découverts. Le plus récent est dans un état de conservation exceptionnel. Plusieurs creusets, des scories et des fragments de bronze ont été recueillis dans une fosse dépotoir proche. Au pied même du beffroi, dont le soubassement a pu être partiellement reconnu, une grande fosse dépotoir a livré un important mobilier céramique (avec notamment de la vaisselle en grès produite en Normandie) de la fin du XVIe siècle ainsi que quelques jetons de compte et monnaies. Le diagnostic a également permis de repérer les aménagements présents sur le cadastre napoléonien ou sur les anciennes gravures : chapelle accolée à l’arrière de l’Hôtel de ville et vestiges de l’aile nord de celui-ci.

 

18 septembre à 15 h : Visite commentée des fouilles de Toutencourt.

La fouille programmée de 2011 avait permis de déterminer le bon état de conservation du Capturepp1.JPGsite (présence d’une courtine et de plusieurs bâtiments dont une tour d’habitation) et de déterminer son évolution chronologique depuis la construction de la motte dans la deuxième moitié du XIe siècle (?), l’aménagement du premier château en pierre (avant le XVe siècle), sa transformation en résidence seigneuriale au XVIe siècle, sa disparition au XVIIIe siècle jusqu’à sa réutilisation par une compagnie de l’armée allemande entre 1940 et 1945. La campagne 2011 avait pour but de préciser les observations réalisées en 2010 et de mieux connaître le centre de la plateforme sommitale qui constitue un enjeu important pour la connaissance des châteaux à motte.


*17 et 18 septembre : chantier naval gaulois de Pont-Rémy (achèvement de la construction des bâtiments).

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 18:07

0007 - CopieLes 17 et 18 septembre 2011 auront lieu les journées du Patrimoine

 

Le programme des visites pour la Picardie est disponible est disponible à la DRAC  

 

5 rue Henri Daussy

80000 AMIENS

 

Vous pouvez aussi consulter le site WWW.journeesdupatrimoine.culture.fr pour avoir des informations sur les ouvertures dans l'Aisne, l'Oise et la Somme ainsi que dans les autres départements français.

 

logo CIRASUne circulaire précisant les activités du CIRAS à cette occasion vous parviendra bientôt!

 

BONNE VISITE!!!

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 10:37

journaux012-copie-1Courrier Picard du dimanche 7 août 2011

 

Les scientifiques de l'Institut national de recherches archéologiques préventives font, tout au long du canal Seine Nord, des trouvailles d'une importance majeure...

 

Lire la suite

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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 18:41

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Préhisto'pix, suite et fin

 

Les deux dernières vidéos résumant les rencontres Préhisto'pix.

Résumé des films, commentaires des invités et des visiteurs...comme si vous y étiez!!

Ces deux journées ont remporté un grand succès, et l'expérience devrait se poursuivre l'année prochaine...

 

Pour voir la vidéo cliquez ici

 

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La dernière vidéo, cliquez ici

 

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12 juillet 2011 2 12 /07 /juillet /2011 23:01
CapturepechmerleVoici le troisième épisode du film des rencontres de ce week-end, avec notamment quelques réactions de Messieurs Clottes, Le Guillou et Maury au film "Desert People" de Ian Dunlop diffusé samedi 9 juillet au matin.


cameramanPour voir la vidéo cliquez ici

 

A suivre....

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9 juillet 2011 6 09 /07 /juillet /2011 09:18

cromagnon pt-21    

    Le Festival du Film d'Archéologie d'Amiens est représenté à Préhisto'pix

 


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S'il existe en France et en Europe plusieurs festivals de films d'archéologie, la production de films autour de la Préhistoire mérite qu'on lui consacre un moment. Préhisto'pix se veut être ce temps d'échanges entre réalisateurs et préhistoriens sur la manière de montrer la Préhistoire. D'autres regards s'invitent aussi dans la représentation
de la Préhistoire : artistes, auteurs, amateurs, s'emparent aussi de l'audiovisuel pour proposer leur vision du sujet.

 

Les invités
Jean CLOTTES, Conservateur général du patrimoine et spécialiste d'art pariétal
Yanik LE GUILLOU, préhistorien au Service régional de l'archéologie DRAC Midi-Pyrénées
Axel CLEVENOT, réalisateur du documentaire « Les premiers Européens »
Serge MAURY, archéologue, Pôle International de la Préhistoire, Dordogne
Tahar BEN REDJEB, Directeur du festival du film d'archéologie d'Amiens, archéologue à la DRAC Picardie
Laetitia DION, programmatrice du Festival ICRONOS du film d'archéologie de Bordeaux (sous réserve)
Françoise PRUD'HOMME, Musée de Préhistoire de l'Aven d'Orgnac
Marc AZÉMA, préhistorien et réalisateur de documentaires

  Préhistopix2011-débat105-FP

 

 

Pour en savoir plus...

http://www.hominides.com/html/actualites/prehisto-pix-pech-merle-2011-0472.php?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+hominides+%28Hominides.com+-+Les+%C3%A9volutions+de+l%27homme%29

 

 

Comme si vous y étiez....

 

Première journée des rencontres du film de préhistoire de Pech Merle -

vidéo

Vidéo 2

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 18:25

Les deux dernières soirées du Ciras avant les vacances ont été très apréciées.

 

indexhibouVendredi 27 mai à 20h30 Stéphane Godefroy a présenté les fouilles de la ZAC de Glisy et retracé 3000 ans d'histoire.

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La conférence s'est déroulée à Glisy où des objets découverts dans les fouilles sont actuellement exposés.

 

La soirée s'est terminée par un pot qui a permis de prolonger la discussion.

 

bande-qui-defileLa dernière séance de Cin'archéo a eu lieu vendredi 3 juin  salle Robida à la DRAC.

Après la projection du film "Le bouclier de Bobigny" de Pierre André Sauvageot, l'archéologue Yves Le Béchennec a répondu aux questions des spectateurs sur l'archéologie expérimentale.

 

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bateau23Avant de reprendre les activités en septembre, le Ciras organise une visite du chantier du chaland des Ambiani le dimanche 26 juin à 14h, pour les portes ouvertes. A cette occasion les Ambiani seront costumés.

Rendez-vous à Pont-Rémy ! 

Les détails de l'organisation de la journée seront communiquées très prochainement!

 

A bientôt!!

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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 10:50

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"Le salon noir" sur France Culture du 1er juin, Ribemont-sur-Ancre.

 

Arguments/protohistoire (podcast). Invités : Jannick Ricard, médecin légiste
et Jean-Louis Brunaux, directeur de recherche au CNRS.

La « bataille » de Ribemont-sur-Ancre

 

Découvert grâce aux photographies aériennes de Roger AGACHE dans les années 1960, le sanctuaire rural de Ribemont-sur-Ancre est l'un des plus vastes de la Gaule romaine. Mais ce sont ses vestiges de l'époque celtique qui en font un site unique en Europe.

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 Fouilles du « charnier »

Copyright © by Jean-Louis Brunaux

 

Sources grecques et latines à l’appui, J.L. Brunaux a reconstitué le scénario d'une bataille qui se serait déroulée vers 260 avant notre ère (La Tène B2b/début La Tène C1). Le site de Ribemont-sur-Ancre vient d’être fraîchement investi par des populations « belges » qui y ont installé leurs pâturages et quelques champs de céréales. Seul un petit bois de bouleaux et de pins, d’une cinquantaine d’ares, rompt la monotonie d’un ensemble qui occupe 100 à 200 ha d’une terrasse alluviale limitée par deux vallées et le rebord du plateau. C’est alors que des « Péri-armoricains » appartenant probablement à la mouvance aulerque, soucieux de préserver leur hégémonie sur le contrôle du trafic maritime et sur celui de l'arrière-pays, organisent (à La Tène C1b) une expédition composée essentiellementde fantassins armés de lances, jeunes adultes agés de 15 à 40 ans,plutôt grands (stature moyenne d'environ 1,75 m). Un combat colossal et mémorable s’engage avec les Ambiani, fraîchement arrivés dans la région. Plus de 5000 combattants occupent un front qui s’allonge sur au moins 1,5 km. Malgré un armement désuet, les Ambianituent quelques 500 adversaires1et remportent la victoire. Seul quarante à cinquante d’entre-eux succombent.


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Squelette partiel dont l'une des vertèbles a été tranchée par un coup d'épée.

Copyright © by Jean-Louis Brunaux.

 

Alors même que la bataille est toujours en cours, chaque guerrier qui avait tué unennemi, lui prélève la tête à l'aide d'un couteau, afin de se constituer un trophée destiné à devenir le témoignage matériel d’une bravoure digne d’être inscrite dans celle de ses ancêtres.L’un des cadavres, peut-être un chef, est décapité. Le torque en or massif, qu’il porte fortement serré autour du cou, lui est ôté non sans difficulté, découpé en deux, l’une des moitiés repliée en un bracelet et passé au bras du mort2. Il ne restait plus qu’a constituer la part dévolue aux dieux.Les corps acéphales sont entassés avec leurs chevaux. Les armes abandonnées sur le champ de bataille sont ramassées, soit quelques milliers de lances (lances classiques à flamme large, piques de type « baïonnette », javelots), des boucliers (équipés d'umbosdes types Il et III de Gournay, plus rarement des types IV et Va), quelques épées avec leurs fourreaux décorés de rinceaux gravés plus ou moins complexes (bouterolles variante IIIb de Gournay, bouterolles courtes, fines à deux faibles ajours, bouterolles longues, fines et sans ajours) et leurs chaînes de ceinture (avec maillons à double torsade principalement, à mailles "alternées" ou à mailles "cheval", plus rarement de type "gourmette"). Les « porte-monnaies » et les éléments de parures sont récupérés. Les premiers contiennent des hémistatères et des quarts de statère en or. Quant aux seconds, ce sont essentiellement desfibules (ressort à deux fois deux spires, arc arrondi ou rectiligne se terminant par un long pied, le plus souvent orné d'une perle), des bracelets et des brassards en fer, en bronze, en lignite ou en schiste.

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Fouilles du « charnier »

Copyright © by Jean-Louis Brunaux

 

A l’ouest ou au cœur du champ de bataille, sur un méplat de la partie haute du versant, les vainqueurs aménagent, sur une superficie d'au moins trois hectares, deux « monuments commémoratifs de la victoire » : deux enclos s'alignent sur un axe nord-sud. Le premier correspond à un « trophée » monumental destiné à accueillir les dépouilles des malheureux vaincus. Le second, situé à une quarantaine de mètres du précédent,est interprété comme une sorte d'herôon à la gloire des guerriers belges morts au combat.

 

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Reconstitution graphique (2003) de ce qui a été interprété comme un trophée érigé par des Celtes avec les corps décapités de leurs ennemis.

 

Le trophée est matérialisé par un espace quadrangulaire d'une superficie de 2200 m2délimité par un large et profond fossé symbolique(3,50 m de largeur pour 2,50 m de profondeur). Il est aménagé autour du bosquet précédemment cité3qui témoigne désormais de la présence divine et se développera rapidement. Les dépouilles, préalablement « boucanées », des vaincus, sont suspendues à hauteur respectable à l’intérieur d’immenses « halles » sur sablières basses construites –curieusement- de part et d’autre des fossés de l’enclos. Là, elles se transforment, selon des processus naturels, jusqu’à perdre l’essentiel de leur chair.

 

 

Elles connaissent ensuite une succession de manipulations afin de prélever des membres humains décharnés destinés à construire des autels creux, sortes de puits à libation(“ossuaires”). Deux ont été mis au jour dans les angles nord et est de l’enclos qui, seuls ont été explorés. Ils forment une structure cubique (de 1,50 à 170 m de côté pour une hauteur initiale estimée à 0,50/0,60 m), construite principalement avec des membres repliés et alignés par lits alternés. L'ossuaire nord, qui a livré plus de 2000 os répandus sur une aire circulaire de quelques m2a été édifié avec les restes d'au moins 300 hommes et environ 130 os prélevés sur les carcasses décomposées d'une cinquantaine de chevaux (radius, tibias, humérus et fémurs, os de pieds, fragments de bassins ainsi que quelques vestiges de têtes, dont un crâne entier mal conservé). Ces autels sont aménagés autour d'un trou cylindrique de 30 cm de diamètre et de 1 m de profondeur qui sert de « porte » pour alimenter les divinités du sous-sol. Pour cela, il fallait y déverser d’énormes quantités d'os humains et animaux débités, concassés, incinérés, réduits en poudre, « fluidifiés ». On a estimé à plus de 200 litres les ossements ayant servi à combler la fosse de cet ossuaire nord. D’autres « ossuaires », remaniés tardivement, ont été retrouvés sur le côté méridional de l’enclos. Quant aux quelques 150 dépouilles qui échappèrent à ce traitement, à l’image de fruits trop mûrs, elles finirent par tomber simultanément de leurs piédestals pour former finalement ce que Jean-Louis Cadoux avait primitivement appelé le « charnier », enchevêtrement confus d’ensembles anatomiques plus ou moins étendus présentant encore des connexions strictes ou lâches, d’armes dans un état de conservation étonnant (coques d'umbos, fourreaux non écrasés) et ayant souvent conservé des relations fonctionnelles (épée dans son fourreau encore fixé à sa chaîne), quoique légèrement ployées à la suite de leur chute. Toute activité humaine disparait alors de l’enclos sacré pendant plus de deux siècles et le bois sacré, à peine troublé par les légions de César, retrouve sa quiétude jusqu'à la période augustéenne, époque à laquelle il est soigneusement démonté et reconstitué peu après pour être entretenu jusqu'au Bas-Empire.

Le second enclos, de forme trapézoïdale, couvre une superficie d'environ un hectare. Il abrite, dans sa partie centrale, une cour polygonale vaguement circulaire, de 40 à 50 m de diamètre, reliée à l'enclos du trophée par un chemin curviligne dont l’empierrement est constitué de blocs de silex. La cour est limitée par des fossés de 2 m de profondeur. Exceptée une petite entrée orientale, elle est entièrement fermée de palissades hautes de 5 à 6 mètres, construitesen torchis (peint et peut-être gravé) appliqué sur des poteaux verticaux, eux-mêmes ancrés dans des sablières basses placées dans les saignées constituant le fond des fossés. Des boucliers y sont exposés. Son sol intérieur n'est pas conservé. Rien n’ayant été trouvé en place, ce sont les objets découverts dans le remblai du fossé et, une nouvelle fois, les sources antiques qui sont à la base des hypothèses sur la fonction de cet espace. Il faut imaginer une sorte de « garde-manger » solennel réservés aux oiseaux(vautour peut-être, grand corbeau, pie) chargés de consommer les chairs des morts du camp des vainqueurs, exposés, nus, avec leurs lances et leurs boucliers, sur une aire centrale de 100 à 150 m2, aménagée avec un dallage de blocs de silex, d'éclats de grès et de nodules de craie. Ainsi, avec l’aide indispensable de la parole sacrée et de la louange des bardes, les âmes des guerriers peuvent gagner un séjour céleste éternel.Le seul aménagement interne notable consiste en une grande fosse cylindrique de 3,50 m de diamètre et 2 m de profondeur. Cette structure est interprétée comme un autel creux, témoin du sacrifice de nombreux animaux domestiques aux divinités chthoniennes qui, durant une semaine ou deux, mar­quèrent la fin des opérations funéraires.La présence d’un foyer, accolé à l’autel, indique que la chair des animaux a dû être prélevée, cuite et peut-être partiellement consom­mée. Celle d’une grande quantité de tessons provenant de vases hauts témoigne des liba­tions qui furent également nombreuses. Afin de conserver le souvenir des morts et d’initier un culte de nature héroique, on érigea dans la cour un cercle d’une cinquantaine de stèles en grès, blocs parallélépipédiques de 1,20-1,40 m de hauteur et d'un poids d’un tonne environ, extraits d'un affleurement naturel distant de 10 km4.

Jusqu'à La Tène D2, il semble que l’on se contenta d’entretenir les bâtiments et d’honorer les dépôts sacrés. Bien que peu nombreuses, les offrandes consistent en mobilier appartenant à La Tène C2 (éléments de fourreaux d'épée avec bouterolle courte et extrémité triangulaire, ou bouterolle longue et bords parallèles, associés à un ceinturon avec anneaux et agrafe en fer ; umbos du type Va de Gournay ; peut-être des lances des types I et V de Gournay ; rares fibules en fer à long ressort à deux fois cinq spires et corde externe) et à La Tène D1 (fourreaux, longs et étroits associés à des ceinturons avec anneaux et agrafe en fer ou en bronze ; rares éléments de bouclier ; lances à empennages convexes et carène moyenne ou à flamme ondulée ; fibules en fer du type de Nauheim et fibules filiformes en bronze).

 

La suite de l'histoire concerne désormais le sanctuaire gallo-romain.


 

Extrait "Tahar Ben Redjeb, Carte Archéologique de la Gaule, la Somme", à paraître, 2011.

1 Seuls quelques os présentent des traces de coups de lance ou d'épée dont deux au moins furent mortels. D'autres ne l'étaient pas forcément mais l'absence de cicatrisation indique que les individus sont décédés peu après.

2 Il sera retrouvé 2300 ans plus tard par les archéologues.

3 Dès 1991, plusieurs analyses avaient mis en évidence la présence du Pin et sa persistance de la Tène moyenne jusqu'au ler siècle avant l'ère chrétienne, sans que l’on puisse alors conclure à une implantation due à la volonté de l’homme liée aux pratiques rituelles du sanctuaire ou d'une installation accidentelle d'un semis naturel de Pin.

4 Elles n’ont pas été retrouvées en place, mais réutilisées comme fondations dans le premier temple romain.

Cette interprétation des faits n’est pas sans poser quelques interrogations sur leur justesse. L’acte fondateur du site de Ribemont -une bataille entre deux peuples- repose fondamentalement sur la datation et le lieu de frappe des hémistatères de la série « au glaive » recueillies sur, dans et à proximité du « charnier ». Les hypothèses concernant le développement du site s’appuient certes sur les vestiges archéologiques. Mais, nous avons parfois la sensation que la restitution qui nous est proposée est contrainte avant tout par l’éxégèse des textes antiques qui veut restituer un « modèle » applicable à Ribemont : « trophée » des vaincus, enclos des vainqueurs, « bois sacré », gestes rituels divers et variés. Concernant l’argumentation numismatique, à la base du combat entre Ambiens et péri-Aulerques, dans une mise au point récente, B. Lambot (2004) rejete tout lien stratigraphique (et donc chronologique) entre le « charnier » et les hémistatères concernés pour lesquelles il propose un « créneau » plus classique, vers le milieu du Ier siècle avant J.-C. Le débat n’est, à notre sens, pas tranché. Par contre l’attribution proposée à un peuple « péri-armoricain » nous semble plus sujette à caution. En effet, deux hémistatères identiques à ceux en cause ont été trouvés à environ 5 km de Ribemont, à Hénencourt et Bresle, ce qui plaide, soit en faveur de l’extension du champ de bataille ou de la dispersion d’une armée en déroute, soit en faveur d’une émission en or des Ambiani dont l’épicentre pourrait être le sanctuaire de Ribemont. Un quart de statère proche, encore inédit, proviendrait du sanctuaire de Morvillers-Saint-Saturnin. Concernant les protagonistes de la « bataille », nous pourrions alors émettre l’hypothèse qu’elle soit liée à la colonisation belge et à ses éventuelles conséquences sur les populations autochtones, disposant d’un armement plus archaïque.

²

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